A propos d'Haïti, sur le site de l'humanité:
Je rencontre les amis survivants, qui n’arrivent pas à comprendre comment et pourquoi ils ont survécu. J’écoute incrédule l’histoire de ceux qui n’ont pas survécu. Assis l’un en face de l’autre dans le même bureau, l’un va survivre, l’autre pas. Un appel téléphonique a permis à l’un de sortir d’une salle, pas à l’autre. Il disparaît sous une chape de béton puis, par un retour de pendule, une ultime secousse le projette sur le toit, indemne et sans une égratignure. Deux amies sortent cinq minutes avant la fermeture des bureaux. Celle qui précède s’en sort, l’autre, pour une fraction de seconde, est prise sous l’amas de béton et de fer. Toutes les combinaisons possibles se sont répétées ainsi à l’infini.

Cependant ce paragraphe me met mal à l'aise.

Il est en effet un autre monde sans retour dont personne ne parle, c'est le ventre d'une mère.
L'enfant qui s'y trouve peut lui aussi vivre ou mourir, être avorté ou survivre, au hasard des circonstance qui l'ont fait concevoir ici ou ailleurs.
En France il a une chance sur trois d'être tué.
Il ne s'agit pas de fatalité ou de terre qui tremble, mais d'un choix humain, de pressions économiques et morales faites par des humains.
C'est pire, mais personne n'en parle, à part les chrétiens cohérents et quelques juifs, et surtout pas le journal "l'humanité".