On ne peut pas violer le principe de légitimité dans lequel on se trouve sans risque.
"Pour être accepté par tous un principe de légitimité doit être simple, clair, et surtout cohérent avec lui même". Un principe de légitimité ne peut s'enraciner et survivre que s'il est appliqué loyalement.

Ainsi un système de gouvernement basé sur l'élection ne sera plus accepté si on y introduit subrepticement la règle de l'hérédité.
Cette hérédité qui justifie la faveur accordée à Jean Sarkozy ne s'appuie pas non plus sur l'éducation soignée et les traditions vigoureuses qui peuvent permettre de fournir à l'Etat un personnel politique bien préparé.

Un principe qui s'anéantit dans l'application est une mystification. Utiliser l'élection pour aboutir à un pouvoir héréditaire détruit la fragile légitimité du pouvoir des élus "du peuple".
Il s'agit d'une utilisation contradictoire de l'élection où les conseillers généraux n'ont pu parvenir à leur place que grâce à un label partisan qui dépend du bon vouloir de Nicolas Sarkozy. Cette élection là n'en est donc pas une.
L'élection par le peuple est appliquée au rebours de sa signification quand elle donne au pouvoir les moyens d'obliger le peuple à exercer sa souveraineté en suivant les désir du pouvoir.

Le temps est impuissant à transformer une mystification en principe de légitimité capable d'assurer l'ordre et la paix. Un principe de légitimité doit toujours être une chose sérieuse; transformé en mystification il devient à jamais impuissant à légitimer le pouvoir, qui se réduit à un simple instrument de coercition.

D'après Guglielmo Ferrero, Reconstruction, Talleyrand à Vienne, 1814-1815.