Extraits d'un article d'Hervé Le Crosnier sur le blog du Monde Diplomatique à propos des manipulations des embryons, du marquage en code barre à l'abandon de tout contrôles des recherches en cours : Un monde qui réalise les désir de francs maçons comme Pierre Simon grand inspirateur des lois Veil Giscard sur l'avortement et qui arrive très vite au monde de Gattacca.

On peut pour autant s’interroger sur la finalité de certaines recherches en ingénierie de la fécondation : ont-elles réellement des buts thérapeutiques, et ne nécessitent-elles pas la mise à disposition d’embryons humains à simple fins de recherche ? Un interrogation soulevée par exemple par la recherche mentionnée plus haut, menée à l’Université Autonome de Barcelone, et publiée le 18 novembre 2010 par le journal Human reproduction [4] ; il s’agit d’une recherche commune à des biologistes (département de biologie cellulaire, de physiologie et d’immunologie de l’UAB) et des chercheurs de l’institut de microélectronique de Barcelone, visant à implanter dans chaque cellule d’un embryon un dispositif en silicium pouvant faire office de « code-barre », selon les termes mêmes employés par les chercheurs dans le titre de leur article. ...

Ces changements dans la procédure de l’assistance médicale à la procréation ne sont pas seulement des « garanties » de suivi de l’embryon... Le terme même de code-barre utilisé par les chercheurs renvoie à la logique de « marchandise » qui menace toute la filière de la fécondation in-vitro. Accélérer les processus pour leur assurer une meilleure réussite serait effectivement un progrès... Mais pourquoi, au-delà des embryons destinés à la réimplantation immédiate, tester la méthode sur des embryons congelés ? Parce que congelés, ces derniers pourraient s’échanger entre cliniques, devenir matière première, certifiée directement dans l’embryon, et pas seulement sur l’emballage. ...

Nous n’en sommes qu’au stade de l’expérience sur les embryons de souris, mais la même équipe de chercheurs vient d’obtenir l’autorisation du ministère de la santé du gouvernement de la Catalogne pour passer à l’expérimentation humaine. ...

Nous entrons dans une période où les plus riches sur la planète vont avoir recours aux cliniques pour choisir les caractéristiques de leur descendance. On commence à parler de « bébé-design » (designer babies). Le diagnostic génétique pré-implantatoire est un test réalisé sur un embryon de 3 jours, alors qu’il dispose de six cellules. Il doit permettre de repérer des maladies génétiques graves avant l’implantation. Or l’accélération des traitements techniques, l’usage de l’informatique, les connaissances statistiques des liens entre les zones de l’ADN et les traits physiques (couleurs des yeux, des cheveux, taille,...) permettent l’usage du test bien au delà, notamment pour choisir le sexe, et bientôt d’autres caractères. ... Hervé Le Crosnier

Un des symptômes de ce basculement en faveur d’une industrie du « bébé-design » peut se retrouver dans le choix fort peu innocent des jurés du Prix Nobel, qui ont accordé en 2010 le Prix de médecine et de physiologie à Robert G. Edwards. Celui-ci est le biologiste qui a permis la naissance de Louise Brown, première « bébé-éprouvette » en 1978. Cet exploit de l’ingénierie biologique a permis la naissance de 4 millions d’enfants pour des couples en demande depuis cette date. Cela mérite récompense, mais s’agit-il pour autant d’une découverte relevant de la charte des prix Nobel ? Nous savons que les prix Nobel ont souvent une claire dimension de politique scientifique. Et celui-ci, qui intervient au moment où toutes les sociétés débattent des questions éthiques concernant les recherches sur l’embryon et les cellules souches, vise certainement à valider les propos parfois provocateurs de Robert Edwards, son choix de mettre la « science » et notamment celle de la fécondation, en dehors du regard des sociétés et des normes juridiques et politiques. Dans un article d’orientation qu’il a publié en 1971 dans le journal Nature, il plaide pour le retrait de toute forme publique d’encadrement de la recherche, et conclut dans un grand élan scientiste : « Les scientifiques doivent aller au devant de l’opinion, faire du lobbying pour obtenir des lois et des règles, dans l’espoir que les attitudes majoritaires de la société, telles qu’elles se retrouvent dans les décisions légales, vont mûrir à un rythme qui ne serait pas trop en décalage avec la transition entre une recherche et ses applications techniques » [12].

Fin de citation

Une ancienne note sur le monde de Gattaca :

L’eugénisme est déjà là. Le pouvoir de l’homme sur l’homme, le droit de dire qui est digne de vivre ou de mourir, est déjà entre les mains des médecins qui pratiquent le Diagnostic pré-implantatoire. Les médecins réunis par France Culture ressentent un certain malaise. Certains disent que certaines maladies sont éradiquées, d’autres qu’on commence a se poser la question pour des risques, des suppositions de cancers à 40 ou 50 ans, et personne n’a de limites claires a donner. La logique républicaine qui ne reconnaît aucun principe au dessus de l’opinion majoritaire et des désirs individuels ne peut que favoriser la généralisation de ces pratiques et donner naissance à une nouvelle idéologie, le républicanazisme. C’est déjà Gattaca, à l’image de ce film qui développe toutes les conséquences intérieures d’une société eugénique. Il présente un homme qui cherche à partir dans les étoiles dans monde où seuls les êtres génétiquement parfaits car sélectionnés par Diagnostic pré-implantatoire ont des droits.

L’image, la musique, le drame humains d’une société enchaînée à l’ADN, le bonus du DVD qui montre des stars, des politiques et des héros qui auraient été éliminés avant de naître font de ce film une épure parfait de la situation actuelle.

Vincent Freeman, dont le prénom veut dire "celui qui est en train de vaincre" dit dans le film à la femme qu'il aime "je suis ici pour montrer que c'est possible" de dépasser le déterminisme. Image. Ecouter l'émission.