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Annales histoire société christianisme / unvoyageauliban.2

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28 11 2009

Euthanasie : eh bien finalement cela ne m'intéresse plus.

Ce texte remarquable de Claire Fourcade, publié dans "le Monde", montre combien les déclarations de personnes qui demandent une euthanasie peuvent être contradictoires.
Le fait de les écouter au pied de la lettre ne permet pas de comprendre pourquoi elles s'effaçent dès que les conditions changent et pourquoi des centres de soins palliatifs ou des services de cancérologie peuvent dire qu'ils n'ont reçu aucune demande durable sur de très longues durées.
Une autre idée essentielle, il faut du temps pour mourir, et ce temps doit nous appartenir, sans qu'on cherche à le précipiter, pour que nous puissions dire "priez pour nous pauvres pêcheurs, maintenant et à l'heure de notre mort" .

Extraits de dialogues entre patients et médecins...

Madame C. :
Docteur, je n'en peux plus ! Faites quelque chose ! Je veux me suicider.
- Qu'attendez-vous de moi ?
- Docteur, je ne veux pas mourir !

Monsieur V. :
Au moment du diagnostic de sa maladie, il a déclaré vouloir être euthanasié quand son état se dégraderait. Quelques temps après il a quitté son pays, la Hollande, où la pratique de l'euthanasie est légale, pour venir s'installer en France, pays où la loi l'interdit.

Madame S. :
Son mari s'est installé dans le bureau. Il nous parle de sa femme. Sa femme depuis 46 ans. Sa femme qui meurt deux étages au-dessus.
Il ne peut pas le supporter.
Elle est calme, elle ne souffre pas, elle dure.
Il nous semble, à nous soignants, qu'elle prend pour mourir le temps qui lui est nécessaire.
Pour lui chaque instant de ce silence est une violence, une absurdité, un non-sens.
Ce n'est plus sa femme, elle n'est plus là, il faut qu'elle meure.
C'est pourtant son temps à elle. Et c'est la loi.
La loi sur laquelle nous nous appuyons pour faire rempart à cette marée de souffrance.
- Ce qu'elle aurait aimé, c'est de revoir son petit chien...
- Pourquoi ne le lui amenez-vous pas ?
- C'est que, si elle ouvrait les yeux et qu'elle le voyait, elle serait si contente qu'elle pourrait en mourir. Alors je ne préfère pas...

Madame R. :
Certains de ses fils se demandent quel sens donner à cette attente d'une mort certaine. Ils pensent que, peut-être, elle n'aurait pas voulu cela. Ne faudrait-il pas abréger ses souffrances ? Ils s'inquiètent aussi pour la santé de son mari qui veille sur elle jour et nuit depuis si longtemps.
D'une voix claire celui-ci a pris la parole : "Votre mère nous a traités comme des rois pendant 40 ans, nous la traiterons comme une reine le temps qu'il faudra."

Midazolam : C'est un médicament bien particulier. Un médicament qui permet souvent d'apaiser en quelques minutes les plus grandes détresses physiques ou psychologiques. Parfois, mais pas toujours, au prix de la vigilance de nos patients. Un médicament dont nous veillons à ne pas abuser mais dont nous n'hésitons jamais à faire usage quand le confort de nos patients nous semble l'imposer.
Un médicament qui me permet de promettre à mes patients de ne pas les abandonner sans avoir ensuite envie de me sauver en courant.
"Laisser mourir n'est pas laisser crever".

Madame T. :
Elle voudrait qu'on euthanasie sa mère. C'est que, voyez-vous, elle a travaillé dans une clinique vétérinaire et même les chiens on ne les laisse pas mourir comme ça.
Tout doucement j'essaie de lui faire entendre qu'on ne peut traiter un être humain comme un chien.
- Mais docteur, me répond-elle, les chiens sont des êtres humains comme les autres !
- ????????????

Monsieur S. :
Il est mort ce matin à la clinique.
Sa fille et son gendre nous avaient demandé l'euthanasie pour lui. La discussion avait été houleuse. Nous savions que nous n'avions pu être entendus. Parfois nous avons cette impression douloureuse de parler dans le vide, de réciter des mots creux qui ne font pas sens pour ceux qui les reçoivent et que nous essayons d'aider.
Mais Monsieur S., rentré chez lui pour le week-end, a fait un arrêt cardiaque : ils l'ont réanimé et ont appelé le Samu.

Madame A. :
Après des années d'épreuve, certains de ses enfants pensent que son coeur est brisé. Que le maladie a tout dévasté et qu'il ne reste plus que la mort.
Ils pensent qu'ici c'est l'enfer et qu'au ciel elle serait mieux.
Elle ne parle pas mais elle communique.
Parfois son mari lui dit: "Ne me crie pas dessus !" et c'est vrai qu'elle peut crier avec les yeux.
Je la regarde intensément. Je l'écoute avec mes yeux pour être sûre de bien comprendre.
Et dans ses yeux qui brillent, je vois son coeur. Il est intact. J'ai la conviction que dans son enfer il y a de petits morceaux de ciel et qu'elle y tient.

"Quand c'est trop de souffrance, des soignants, de la famille et du patient, le dernier qui se lasse, c'est le patient", a dit le Dr. Jean Léonetti.
Depuis dix ans, nous avons pris en charge plus de 3000 patients. 3000 histoires singulières, différentes. 3000 fois nous avons essayé d'écouter, d'entendre, d'adapter notre réponse.
En soins palliatifs nous ne faisons pas de prêt-à-porter. Seulement du sur-mesure, de la haute couture.
Jamais, à ce jour, je ne me suis trouvée en situation de me dire que la seule façon de respecter mon patient était de transgresser la loi pour le faire mourir. Peut-être, un jour, une situation particulière me conduira-t-elle à prendre cette décision.  Je veux que cela reste une transgression.

Claire Fourcade est médecin coordinateur de l'équipe de soins palliatifs de la clinique "Les Genêts" à Narbonne.

13 11 2009

Une défense du droit à la vie des enfants menacés par l'avortement

« Les droits des « non-nés ». - Il existe sur cette terre de nos péchés un monstre, nommé avortement, qui s’est développé, bien nourri et bien desservi de sang et d’argent. Et aussi, des larmes des femmes sans défense.
C’est un monstre qui a grandi des démagogies de toutes couleurs sociales et politiques. Et des silences complices. Et des excuses vaines. Et des tractations affreuses.
Ce monstre, pour notre honte, a droit de cité. Ils ne sont pas rares ceux qui font profil bas (ou au moins qui s’émeuvent) quand quelqu’un leur rappelle qu’il se promène par nos rues avec le progressisme en bandoulière. Et jusqu’aux lois qui le défendent.
N’attendez pas aujourd’hui, dans cette modeste chronique, que je polémique avec des partisans de l’avortement ou des féministes extrêmes. Je ne veux juger personne.
Encore moins ces pauvres femmes qui désiraient un enfant de leurs entrailles, mais que la peur a vaincues et qui se sont effrayées devant la solitude. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ». Ne jugeons personne ; mais regardons en face les faits et les problèmes.

Ceux qui invoquent l’avortement pour défendre je ne sais quel droit, me semblent simplement ambigus.
Le premier droit de l’être humain n’est-il pas de le laisser naître ? Si l’on ne reconnaît pas ce droit, tous les autres droits sont superflus : avec quelle gorge vont-ils crier leurs droits ceux pour qui s’est interrompu le chemin vers la lumière du soleil ? Avec quelle langue le « non-né » va-t-il se défendre contre la mort qui l’attend ? Avec quelles mains va-t-il écrire celui a qui on a coupé les mains avant qu’il ne puisse les utiliser ?

Une société dans laquelle les pauvres et les « sans voix » comptent moins que peu est-elle une société développée et majeure ? Est-elle une société progressiste ?
Une telle société se montre plutôt une société malade, ou un grenier obscur et glacé.
Et que l’on ne nous dise pas que l’embryon n’est pas une « personne » dans le sens que ce sacro-saint mot s’est donné dans le monde moderne. Qu’est-ce que c’est alors ? Un conglomérat de cellules anarchiques, dispersées, désunies ? Les biologistes disent que nous étions tout entiers compris dans un embryon, comme un désir implicite de développement.

Source : Texte publié dans un diocèse espagnol, traduit et considéré comme "en dessous de la mélée" par Golias.

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