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Annales histoire société christianisme / unvoyageauliban.2

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Désenchantement démocratique

Le passage du temps des promesses à celui de leur abandon suscite une prise de distance entre certains blogueurs et leurs partis favoris et les réflexions du colloque d’Europae Gentes sur la suppression des partis politiques. C’est une occasion de réfléchir aux sources révolutionnaires du système représentatif, à ses alternatives et aux limites du domaine du droit et de la justice et de celui de la démocratie. 

 « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Attribué à Charles Pasqua

La confiance dans le système représentatif n’est pas à son point le plus haut.

L’UMP crée un observatoire de l’avancement des réformes promises et la tenue des promesses électorales, ce qui risque de se montrer cruel pour le président, critiqué par une vidéo florilège de ses retournements sur l’aile Par ailleurs, deux blogueurs catholiques très actifs reprochent au MPF et à l’UDC suisse de ne pas être à la hauteur de leurs engagements.
La nécessaire réflexion sur les partis et les formes de participation du peuple à son gouvernement s’en trouve relancée,
Europae Gentes réunit un colloque sur « faut il supprimer les partis politiques » le 16 novembre, reprenant le texte de la philosophe Simone Weil et le débat qui avait traversé les sites internet à la suite de sa republication.

La présidence « bling bling » de Nicolas Sarkosy, qui fait de l’usage systématique de l’effet d’annonce et de la répétition publicitaire de son nom comme d’une marque de lessive les fondements de sa popularité ne satisfait pas les espoir de réforme qu’il avait su utiliser.
Cet homme n’est pas seulement un exemple significatif de la démocratie médiatique surbronzée et clinquante à l’image de Tony Blair ou de Berlusconi, il se revendique aussi « 
Gramsciste de droite (article hors ligne) ». Déclarant « le pouvoir se gagne par les idées » il affirmait que face à une certaine presse disant que « Sarkozy fait la guerre aux pauvres » il s’était dit « soit je cède et je ne pourrai plus rien faire, soit j’engage la bataille idéologique, en démontrant que la sécurité est avant tout au service des plus pauvres. Depuis 2002, j’ai donc engagé un combat pour la maîtrise du débat d’idées. »
Ce combat reste cependant essentiellement verbal et symbolique. Sarkozy donnant des satisfactions symboliques et des concessions réelles à la gauche. L’amendement sur les tests ADN permet par exemple de faire crier la gauche au nom d’un
retour du racisme alors même que ces tests rendus facultatifs par le Sénat favoriseront l’immigration par regroupement familial.

Suffisamment engagés et indépendants pour échapper aux mirages de la « people démocratie raisonnable » les média indépendants de la publicité et des actionnaires tels que e-deo ou bafweb ne sont pas totalement dupes de la fidélité à leurs valeurs des partis anti-système.

Adrien de Riedmatten, quittant l’UDC lui reproche des incohérences telles que « se garder de l’immigration de masse, fermer les frontières et, dans le même temps, ne rien faire de concret pour les familles ou la promotion de la culture de la vie. »

Dépassant le simple opportunisme elles sont pour lui le révélateur d’une divergence de fond entre les partis et l’espérance chrétienne. «  l’UDC Valais a connu ces huit dernières un formidable appel d’air en direction de la tendance vieille radicale, nationaliste helvétienne, cléricophage et christophobe. … Le droit naturel et chrétien qui se voulait le principe fondateur des statuts de l’UDC Valais se retrouvait, par un glissement des plus subtils, l’apanage exclusif du Mouvement chrétien conservateur auquel la même UDC voulait bien faire la grâce de se lier par engagement public. Conséquence instinctive de se retournement d’influence, les structures dirigeantes se voyaient discrètement nettoyer de tout ce qui était encore ouvertement chrétien. »

Refusant l’utopie dangereuse d’un monde parfait sur cette terre marquée par le péché, les chrétiens sociaux cherchent toutefois à mettre en place dans la vie concrète les enseignements de l’Evangile « J’ai trouvé dans le christianisme la seule et unique doctrine qui puisse apporter la paix à l’homme sur cette terre et, dans la personne du Christ, de ce Dieu qui, par amour pour nous, S’est fait clouer les bras pour les garder toujours ouverts »

L’attachement à la vérité des relations humaines plus qu’aux logiques de partis incite donc à la prudence « L’idée chrétienne, si elle est patiente, ne se partage ni ne se diminue et surtout pas sur l’autel de quelques trouvailles réactionnaires, aussi courageuses fussent-elle dans ce climat de police de la pensée. L’idée chrétienne est une pensée forte mais une fleur fragile dont il convient de semer la graine en terre favorable pour éviter que les considérations du monde ne viennent à l’étouffer, et cette fleur, une fois crûe, ne serait être mise au fusil des ambitions humaines. »

« Jacques » rédacteur sur « e-deo » éprouve le même malaise devant l’évolution du MPF ; ayant « milité avec foi lors de la campagne présidentielle [pour] la défense de la vie de son commencement à sa fin naturelle, la défense de la famille cellule de base de la société, et l’éducation libre. [sur un programme] à la fois clair et pragmatique. Des solutions concrètes permettaient de mettre sur des idées taxées aujourd’hui d’utopiques des applications à la foi réalisables et peu coûteuses. » il réprouve une alliance (tactique ?) avec l’UMP.

Les promesses trahies et le divorce du peuple et de ses représentants tirent leurs racines historiques dans la nature même de la « démocratie » libérale révolutionnaire.
L’ex-abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, l’homme des droits du Tiers Etat et le théoricien de la création de « l’Assemblée Nationale Véritablement Représentative de la très Grande Majorité des Français »
le 17 juin 1789 affirme que «  La France n'est point, ne peut pas être une démocratie »  car  « la très grande pluralité de nos concitoyens n'a ni assez d'instruction, ni assez de loisir, pour vouloir s'occuper directement des lois qui doivent gouverner la France ; ils doivent donc se borner à se nommer des représentants. [et]  renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes immédiatement la loi: donc ils n'ont pas de volonté particulière à imposer. …  S'ils dictoient des volontés, ce ne seroit plus cet état représentatif ; ce seroit un état démocratique. » 

Ancêtre des dénonciateurs du populisme il affirme que « les députés sont à l'Assemblée nationale, non pas pour y annoncer le voeu déjà formé de leurs commettants directs, mais pour y délibérer et y voter librement d'après leur avis actuel, éclairé de toutes les lumières que l'assemblée peut fournir à chacun. »
L’idée représentative est un l’une des
masses de granit qui fonde la conception « républicaine » du pouvoir. Le journaliste Eric Dupin rappelle très justement que « Tout mandat impératif est nul », d’après l’article 27 de la Constitution. En espérant que Nicolas Sarkozy, largement élu sur un programme de droite aura la « sagesse » de trahir ses engagements.

Des modèles alternatifs existent cependant.

Les Etats Généraux qui ont fonctionné en France au XVIe siècle et revendiquaient un contrôle de la monarchie étaient chargés de transmettre à l’arbitrage du Roi, sans les modifier, les cahiers de doléances des différents groupes particuliers de français. Le projet de réforme constitutionnelle de 1969 présenté par de Gaulle reprenait concrètement l’idée d’une représentation du peuple dans ses groupes professionnels.

S’affirmer « Pour de nouveaux Etats-Généraux » comme le fait Alexis Arette dans sa conférence au colloque sur « la suppression des partis politique » d’Europae Gentes n’est pas seulement une nostalgie du passé.

La Suisse , pour sa part a systématisé l’idée du référendum obligatoire ou proposable par une pétition de 100 000 citoyens sur ses six millions de citoyens. Ceux-ci permettent de poser et de résoudre les grandes questions politiques, immigration, environnement ou suppression des notes à l’école, ce qui apaise relativement la vie politique de ce pays et contourne la confiscation du débat démocratique par les sondages et une élite de fabricants de pensée.

Ce regard du peuple sur ses élus force 85% des candidats suisses à répondre aux questions très précises sur l’âge de la retraite, les bourses des étudiants ou l’avortement du site smart vote, ce qui a permis 850 000 consultations de citoyens recherchant le candidat le plus proche d’eux. D’autres candidats dialoguent directement avec leurs électeurs sur un site de la Télévision Suisse Romande.

Dans la démocratie suisse les candidats prennent des positions publiques sur les sujets les plus soigneusement éludées en France.

L’objection faite à la démocratie directe qui veut qu’elle ne puisse pas organiser facilement des consultations multiples sur des sujets complexes peut largement être contournée par les nouvelles technologies. Le site « perspective suisse », monté par des petits jeunes tombés de leur berceau dans un ordinateur, montre une large consultation d’internautes, assez représentatifs des citoyens, sur des sujets à la fois précis et variés.

Démission réticence ou retrait devant les partis politiques de la part de militants ne sont cependant pas seulement dus à son fonctionnement imparfait.
Adrien de Riedmatten souligne la différence entre démocraties proches et globalisées « Qu’un peuple libre, dans une communauté distinctement restreinte, dans le cadre de la commune par exemple, s’exprime directement sur ce qu’il connaît, possède et comprend, rien n’est plus juste, mais qu’on en vienne à diviniser la volonté populaire et à recouvrir de la pourpre sacrée l’expression médiocre d’une populace jouée, dupée, terrorisée, appâtée ou séduite, qui se prend pour Dieu pour avoir un jour voté sa mort, cela dépasse les bornes du supportable. »

Le parti ou la souveraineté du peuple exigent de faire semblant de leur accorder une confiance absolue, ce qui n’est pas possible pour qui il ne faut rendre à César que ce qui lui appartient et pour ceux qui savent que la loi absolue de la majorité numérique méconnaît comme le disait Pie XI à propos du Nazisme « le fait fondamental, que l'homme, en tant que personne, possède des droits qu'il tient de Dieu et qui doivent demeurer vis-à-vis de la collectivité hors de toute atteinte qui tendrait à les nier, à les abolir ou à les négliger". »

07 11 2007

La gauche reprend l’université en Otage, Sarkozy cèdera t’il de nouveau ?

Valérie Pécresse se dit « très attentive » au début de grogne des étudiants.
De Rennes II à Tours ou Perpignan, huit universités sont déjà paralysées.

Au centre universitaire de Tolbiac à Paris, une « assemblées générale » de 800 personnes sur les 11 000 étudiants du centre a trouvé 650 voix pour la grêve
Cette très faible minorité a des revendications qui sont loin d’être seulement universitaires : elle a voté, outre la solidarité avec les cheminots et les sans-papiers, la gratuité des transports et de la santé
Le site anarchiste Indymédia annonce les Assemblées Générales, et programme des blocages tels que celui de Paris IV porte de Clignancourt pour ce mercredi matin par exemple.
Les marxistes de Bellaciao rappellent qu’il faut « empêcher toute AG d’anti-grèviste » et L’UNEF, Union nationale des Etudiants de France s’associe au mouvement. Elle va organiser des assemblées générales dans toutes les universités de France d'ici au 20 novembre.

En 2006 le mécontentement des étudiants privés de cours s’était manifesté par de nombreux sites internet. Cette contre-mobilisation, avait fait passer l’UNEF de 50 à 20% des sièges aux élections étudiantes.
Le site e-deo montrait récemment que les violences de l'UNEF contre ces élections ont été peu sanctionnées.
Les journalistes continuent pourtant à donner la parole à ces minorités activistes et dépourvues de militants de base selon unef-véritas. Cette collusion avec les média n’avait pas échappé à Nicolas Sarkozy.
Pendant la crise du CPE, c’est lui qui a téléphone à Bruno Julliard, très proche des socialistes et porte parole de l’UNEF pour lui dire qu’il se désolidarisait du gouvernement, privant ainsi son rival Dominique de Villepin du prestige d’une victoire contre les manifestants.
Nicolas Sarkozy aura-t-il comme président la fermeté qui lui a manque comme ministre de l’intérieur ?

Archive : Les internautes luttent contre les bloqueurs de facs anti-CPE en 2006

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