Le même chant traditionnel auvergnat, est chanté sur cette vidéo de deux manières très différentes qui mettent bien en évidence deux manières de chanter des mélodies anciennes.



Le premier, Martin Cayla, attaque bille en tête, imprime un rytme rapide et dansant, utilise aussi les sonorités nasales de la voix, fait des tremblements sur certaines notes et certains passages indiqués par la mélodie.
C'est un auvergnat monté à Paris et devenu muscien qui a(urait) gardé la manière de chanter en usage traditionnellement. cela ressemble en tout cas à la façon de tenir la voix des corses et des vieux chantres d'Eglise qui conservaient dans les villages le plain chant de l'Ancien Régime que Marcel Pérès voudrait voir revenir dans l'usage liturgique (comme pour les chants de Saint Jacques de Compostelle).

La transcription de Joseph Canteloube respecte les notes, mais y superpose une harmonisation, et dans cette interprêtation, un port de voix qui fait penser à l'opéra classique, aux chanteuses de l'entre deux guerres et à la musique médiévale des années 1970.
Tout est dans la vague. Les phrases et les notes même montent, enflent et se reposent les une après les autres. La voix elle aussi est transformée, sans résonnance, elle est plus haute et plus éthériée.
Cela ressemble au "chant grégorien" auquel nous sommes habitués.
Via François Desouche.