Une vidéo dérobée à l'armée américaine fait l'actualité. Le parcours de ce film pose la question des circuits de publication de documents compromettants et des lois sur ces publications. 

 

Que montre cette vidéo?

 

Filmée d'un hélicoptère en 2007, cette vidéo montre des soldats décider de tirer sur des irakiens qu'ils croient armés. Dans le flou de cette vidéo, ils ont confondu les caméras de journalistes avec des armes de guerre. Après un premier tir, l'hélicoptère obtient l'autorisation de tirer sur les secours qui arrivent dans une camionnette banalisée, qu'ils pensent être armée. Elle contenait en fait deux enfants très peu visibles qui ont été tués.

 

Comment une telle vidéo a t'elle pu être publiée?

 

Cette vidéo était classée secret défense. L'agence Reuters, qui employait ces deux journalistes n'avait pas pu obtenir ces images. Elles viennent d'être mises en ligne par le site Wikileaks.org, qui se consacre à la publication de documents susceptibles d'alimenter le débat public.

 

Quelle a été la réaction de l'armée des Etats Unis ?

 

Annonçant à l'avance cette publication, ce site internet collaboratif disait être désigné par les services secrets et l'armée des Etats Unis comme danger pour la sécurité nationale. Un des collaborateurs bénévole de ce site, un islandais de moins de 18 ans, s'est vu poser des questions très précises par la police de son pays, dûment renseignée par les étatsuniens.

 

Comment ce site protège t'il ses sources?

 

Membres du British National Party furieux de voir publier leurs noms, négociateurs du traité ACTA sur les droits d'auteur, gouvernement islandais gêné des révélations sur le remboursement prévu des dettes de la banque icecave ou armée américaine, ils voudraient tous mettre la main sur ceux qui sont à l'origine des fuites conduisant à Wikileaks, sans succès pour le moment.

La méthode de ce site consiste a se placer sous la protection des lois du pays qui est le plus soucieux de la sécurité des sources de renseignements destinés à des journalistes. Il ne s'agit bien sur pas de la France, mais pour le moment de la Suède ou de la Belgique.

 

Et pourquoi l'Islande est elle en première ligne dans cette affaire ?

 

Un certain nombre de ceux qui ont travaillé sur la vidéo de cette bavure en irak sont islandaises. L'opinion islandaise a apprécié que wikileaks publie le contenu des négociations autour des dettes de ses banques. Cela a rendu possible le rejet par référendum d'un remboursement excessif de ces dettes bancaires.

 

Quelles sont les conséquences politiques de ces publications ?

 

Dix neuf des 63 députés islandais ont déposé une proposition de loi visant à faire de l'Islande, non plus un paradis fiscal, mais un paradis légal pour les journalistes alternatifs. Il s'agirait de les attirer par une législation ultra protectrice de la liberté de publication.