vendredi 18 avril 2008
Un ch'ti problème d'identité nationale
"Bienvenue chez les ch'tis" est un film sur le mensonge.
Il déchire le voile de mensonge actuel sur l'identité nationale, qu'il faudrait oublier et métisser à tout va. Il décrit aussi la progression des personnages vers une vie plus en accord avec eux mêmes et moins mensongère.
Dans une époque d'uniformisation culturelle généralisée ou Breitz TV diffuse des séries américaines et où les prénoms des enfants de France sont islamisés, américanisés ou uniformisés c'est une affirmation d'identité régionale qui triomphe sur les écrans.

Régions de France dont le blason ne contient pas de fleurs de Lys
Pour avoir voulu trop uniformiser de manière abstraite, la république a profondément dégradé le nécessaire sentiment patriotique; "bienvenue chez les ch'tis" manifeste un désir de retour a des patries concrètes.
Face à l'image de la république une et indivisble et à sa langue obligatoire, le film reconstitue deux identités régionales, du "sud" et du "ch'ti-land". Il fait rejouer le très profond ressort de l'opposition entre le centralisme parisien et les histoires régionales. Comme "dans Besançon, vieille ville espagnole" que chantait Victor Hugo, on retrouve dans le film le beffroi et la fierté d'entendre un carillonneur, fils de carillonneur.
La Lorraine de René II, l'Aquitaine d'Aliénor et les Escartons du briançonnais peuvent se souvenir qu'ils ont été indépendants et les comtois qu'il se faisaient enterrer face contre terre pour protester contre les violences de l'annexion.
Par crainte de la dissolution et du désordre, la France grandie très tôt a parfois connu un nationalisme hystérique, cocardier et ratapoilesque, elle sombre maintenant dans l'excès inverse du mépris systématique de l'identité au profit de l'Universel indifférencié.
La haine du drapeau vient aussi de l'opposition des deux patries dont parle Jean de Viguerie. (critiqué ici)
La patrie charnelle et concrète des libertés locales d'ancien régime que les révolutionnaires de 1588 défendaient contre l'absolutisme de Henri III s'opposait à la souveraineté unique et abstraite définie par Jean Bodin, appliquée par Louis XIV et transformée en absolu indépassable par la République.
La république a prétendu unir la France autour d'une idée abstraite, écrasant à la fois les liberté catholiques et les droits des ouvriers que la révolution a supprimés.
Certains catholiques ont voulu réintégrer la communauté nationale, en se prétendant plus nationalistes que les autres, d'autres se sont investis dans la construction européenne pour dépasser cette nation qui les rejettait, les socialistes ont déchiré leurs drapeaux et refusé de donner des enfants à la république.
Ces histoires heurtées expliquent notre double négation des identités régionales d'abord puis de l'identité nationale ensuite.
Le film redonne à la patrie concrète et vécue sa dignité tranquille.
Les personnages du film mentent.
Le cadre de la poste ment pour être muté en bord de mer, il ment ensuite pour que sa femme continue a le plaindre dêtre monté dans le nord, le postier ment à sa mère en ne lui disant pas qu'il doit prendre son indépendance. Le film entier suit leur progression cahotique vers plus de vérité sur eux même, et peut être aussi sur notre identité collective.
Il déchire le voile de mensonge actuel sur l'identité nationale, qu'il faudrait oublier et métisser à tout va. Il décrit aussi la progression des personnages vers une vie plus en accord avec eux mêmes et moins mensongère.
Dans une époque d'uniformisation culturelle généralisée ou Breitz TV diffuse des séries américaines et où les prénoms des enfants de France sont islamisés, américanisés ou uniformisés c'est une affirmation d'identité régionale qui triomphe sur les écrans.
Régions de France dont le blason ne contient pas de fleurs de Lys
Pour avoir voulu trop uniformiser de manière abstraite, la république a profondément dégradé le nécessaire sentiment patriotique; "bienvenue chez les ch'tis" manifeste un désir de retour a des patries concrètes.
Face à l'image de la république une et indivisble et à sa langue obligatoire, le film reconstitue deux identités régionales, du "sud" et du "ch'ti-land". Il fait rejouer le très profond ressort de l'opposition entre le centralisme parisien et les histoires régionales. Comme "dans Besançon, vieille ville espagnole" que chantait Victor Hugo, on retrouve dans le film le beffroi et la fierté d'entendre un carillonneur, fils de carillonneur.
La Lorraine de René II, l'Aquitaine d'Aliénor et les Escartons du briançonnais peuvent se souvenir qu'ils ont été indépendants et les comtois qu'il se faisaient enterrer face contre terre pour protester contre les violences de l'annexion.
Par crainte de la dissolution et du désordre, la France grandie très tôt a parfois connu un nationalisme hystérique, cocardier et ratapoilesque, elle sombre maintenant dans l'excès inverse du mépris systématique de l'identité au profit de l'Universel indifférencié.
La haine du drapeau vient aussi de l'opposition des deux patries dont parle Jean de Viguerie. (critiqué ici)
La patrie charnelle et concrète des libertés locales d'ancien régime que les révolutionnaires de 1588 défendaient contre l'absolutisme de Henri III s'opposait à la souveraineté unique et abstraite définie par Jean Bodin, appliquée par Louis XIV et transformée en absolu indépassable par la République.
La république a prétendu unir la France autour d'une idée abstraite, écrasant à la fois les liberté catholiques et les droits des ouvriers que la révolution a supprimés.
Certains catholiques ont voulu réintégrer la communauté nationale, en se prétendant plus nationalistes que les autres, d'autres se sont investis dans la construction européenne pour dépasser cette nation qui les rejettait, les socialistes ont déchiré leurs drapeaux et refusé de donner des enfants à la république.
Ces histoires heurtées expliquent notre double négation des identités régionales d'abord puis de l'identité nationale ensuite.
Le film redonne à la patrie concrète et vécue sa dignité tranquille.
Les personnages du film mentent.
Le cadre de la poste ment pour être muté en bord de mer, il ment ensuite pour que sa femme continue a le plaindre dêtre monté dans le nord, le postier ment à sa mère en ne lui disant pas qu'il doit prendre son indépendance. Le film entier suit leur progression cahotique vers plus de vérité sur eux même, et peut être aussi sur notre identité collective.
Ce billet, écrit à 18:39 par Philippe Edmond dans la catégorie Géopolitique a suscité :