Une conductrice de car scolaire de la région de Calais (Pas-de-Calais) doit faire l'objet d'un rappel à la loi devant un délégué du procureur pour avoir insulté un collégien de 12 ans le 28 avril, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

L'élève avait vivement protesté car il était placé depuis deux jours par la conductrice à l'avant du véhicule, avec d'autres élèves parmi lesquels figurait l'un de ses camarades qui l'aurait agressé auparavant

Le 28 avril, l'élève a affirmé - à tort selon la conductrice - que son père était venu la voir pour lui demander que son fils ne se retrouve plus à proximité de l'élève avec qui il avait eu maille à partir.

Mme Guibon l'a alors traité de "menteur" et de "petit con", a-t-elle reconnu à l'AFP, ajoutant que le collégien avait filmé la scène avec son téléphone portable.

Les parents du jeune adolescent ont, selon elle, porté plainte à la gendarmerie le soir même, avant que la conductrice n'y soit convoquée.
"Je suis fichée, ils ont pris mes empreintes et m'ont pris en photo, pour avoir repris un enfant !" s'est indignée Mme Guibon, conductrice depuis sept ans.

Philippe Schoonaert, directeur de la compagnie de cars qui porte son nom, a jugé les suites de cette affaire "disproportionnées", apportant son soutien à Mme Guibon qui figure parmi les chauffeurs qui ont le moins de problèmes de discipline.
Selon M. Schoonaert, les parents du collégien, qui n'ont pu être joints par l'AFP, ont affirmé qu'il était depuis cette affaire "contrarié", voire "peut-être un peu dépressif".

Le parquet de Boulogne-sur-Mer a confirmé la convocation de Mme Guibon pour "injures publiques" le 30 juin devant un délégué du procureur pour un rappel à la loi, aboutissant in fine à un classement sans suite.

Selon le procureur Jean-Philippe Joubert, le parquet a estimé que la conductrice, qui a minimisé ses propos par rapport à ceux qui apparaissent sur la vidéo, avait eu "une réponse dispropotionnée vis-à-vis d'un mineur victime" de violences de la part de camarades.
Le père du collégien avait demandé à la direction de la compagnie de cars que son fils ne soit plus à côté des camarades qui l'avaient frappé, a-t-il ajouté.
Dans un communiqué de sa vice-présidente Marine Le Pen, le FN "condamne une persécution judiciaire inutile et injuste", exhortant "solennellement le parquet de Boulogne-sur-Mer à suspendre instamment cette convocation ridicule".