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Annales histoire société christianisme / unvoyageauliban.2

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18 11 2009

Réactions syndicales à la réforme des concours d’enseignement.

Comme une boussole qui indiquerait constamment le sud, la réaction de certains syndicats révèle le sens de cette réforme essentielle.

La question des concours est le baromètre du rapport de force entre l’idée de construction des savoirs par les élèves et l’idée de transmission par l’enseignant.

Il semblerait que le retour annoncé aux savoirs soit plus réel que sous Darcos.
Les syndicats les plus pédagogistes critiquent vertement les  nouveaux masters d’études universitaires et l’architecture des concours de recrutement présentée vendredi dernier.

Les IUFM qui étaient mis au service d’un pédagogisme exclusif vont de toute façon mettre fin à leur indépendance en intégrant leurs personnels aux universités.

Les premiers projets, annoncés par Xavier Darcos prévoyaient une forte composante de théories pédagogiques dans les  diplômes de « masters » nécessaires pour passer les concours et dans les épreuves écrites, elles  aussi envahies par la « pédagogie ».

Luc Chatel annonce que les écrits devront être uniquement consacrés à la vérification d’un niveau scientifique. Après avoir assisté à des cours en Master, les admissibles pourront en donner quelques uns pour préparer leur leçon d’oral d’admission.

Les enseignements de théories pédagogiques serviront seulement à préparer la seconde épreuve orale dite de « connaissance du système éducatif ». Ces théories seront dispensés par des anciens de l’IUFM, mais dans des universités variées et concurrentes pour avoir le meilleur taux de réussite, ce qui peut laisser espérer une amélioration.

Autre modification importante, la titularisation des nouveaux enseignants sera retirée aux personnels issus des IUFM pour être de la seule responsabilité des inspecteurs.

L’orientation générale de ces projets explique donc que le très pédagogiste SGEN-CFDT parle de « catastrophe annoncée » et dénonce ceux qui ont voulu limiter les dégâts ». La CGT-UNSA trouve ces projets « rétrogrades » et « consternants ». Le SNES-FSU, toujours corporatiste considère que cela « ne peut s’inscrire dans une logique d’économies budgétaires ».

Le Snalc, favorable à un retour à une pédagogie de la transmission parle d’avancées significatives, mais craint que le ministère ne reste au milieu du gué. Via : le Café Pédagogique et le Ministère de l'Education Nationale.

09 11 2009

On ne pourrait intéresser des élèves qu'à partir de leur vie quotidienne.

Cette idée très courante dans certains courants pédagogiques explique l'oubli presque complet du patrimoine culturel ancien dans l'enseignement des langues en France.

L'idée que les élèves ne s'intéressent qu'a leur quotidien s'exprime avec force dans ce commentaire trouvé sur un forum à propos de l'utilisation de deux films récents : "Le petit Nicolas" et Neuilly ta mère".

" Le Petit Nicolas fait référence à une époque que nos élèves n’ont pas connue, et surtout pour laquelle ils n’ont pas les clés de lecture : la période des années 50 et 60 avait sa logique (scène avec le patron du père, à l’école avec les enseignants, entre les élèves ….) Les codes ont changé aujourd’hui et cette époque n’a plus beaucoup de points communs avec la nôtre.

-          De mon point de vue, c’est donc plus un film d’adultes dans son implicite.

-          La BD était plus éthérée , dépouillée, intemporelle et pouvait plus, à mon avis, servir de point de départ à un travail en classe.

-          J’avais vu , il y a quelques temps un autre film « Neuilly sa mère », qui lui était plus en prise avec notre époque avec notre école. Là les rapports entre l’école, les quartiers, les milieux socioculturels étaient contemporains de nos élèves et permettaient d’entrer rapidement dans un travail de réflexion et d’écriture sur eux et l’école. A partir des codes qui sont les leurs, nos élèves pouvaient entrer dans le film de manière plus structurante pour eux"

Philippe Meirieu exprimait la même idée en considérant que les enfants de classes populaires pouvaient apprendre à lire dans les manuels d'utilisation des instruments électro-ménagers.

09 11 2009

La révolution numérique menace les bénéfices des éditeurs de manuels scolaires

Une récente déclaration de Luc Chatel, présentement ministre de l'Education nationale, est passée relativement inaperçue : la volonté manifestée par les pouvoirs publics de parvenir au tout-numérique en guise de manuels scolaires à l'horizon 2012.

C’est une révolution du monde de l'édition Quand on parle d'édition, le grand-public entend avant tout édition littéraire. Mais pour les grands groupes éditoriaux (Hachette, Editis-Planeta, Albin Michel…), la littérature est une danseuse qui n'existerait guère sans l'apport financier de trois vaches à lait séculaires : (dont)  les manuels scolaires.

Mais voilà que les établissements scolaires sont aujourd'hui de mieux en mieux équipés d'une arme fatale : le vidéo-projecteur, relié qui plus est, dans chaque classe, à Internet.

Et le ministère d'en rajouter une couche avec son plan de numérisation des ressources éducatives.

Si, comme c'est plus que probable, dans les cinq années à venir, les outils pédagogiques mis gracieusement à disposition sur le web parviennent à tailler des croupières aux bons vieux manuels scolaires, cela risque de bouleverser très fort tout le paysage éditorial traditionnel qui en vivait, littérature comprise.

Une révolution du monde de l'éducation

Les enseignants ont découvert très vite les bienfaits presque mirifiques de l'outil numérique : il est plus facile de concentrer une bande de trente zozos excités sur un écran, que chacun sur un livre dont on ne sait jamais s'il est ouvert à la bonne page.

D'autant que fleurissent des dizaines de sites où les profs peuvent échanger leurs cours et se procurer des documents en ligne (Weblettres, E-Teach, CultureMATH…). Sans compter les innombrables pages-ressources fournies par les sites académiques officiels.

Un clic et le tour est joué. « Qu'est-ce que c'est, un “glaïeul”, Monsieur ? » Pouf, un clic sur Google et voilà la fleur inconnue projetée instantanément sur l'écran de la classe sans qu'il soit nécessaire d'aller débusquer au centre de documentation pédagogique (CDI), ou pire, d'acheter le bon vieux bouquin d'antan sur les « fleurs de nos jardins ».

Si un manuel scolaire papier ne peut être conçu que par un éditeur chevronné, souvent sous l'impériale autorité d'un membre éminent de la hiérarchie inspectorale, la fabrication de documents pédagogiques numériques, elle, est à la portée de n'importe quel enseignant de base. Pourvu qu'il soit un tout petit peu familiarisé au traitement de texte. Et à celui des blogs sur Internet.

Un nouveau coin enfoncé dans les flancs de l'économie monétarisée

Plus largement, cette nouvelle révolution numérique est un nouveau coup porté à la toute-puissance de l'argent-roi dans les échanges économiques.

Car les échanges sur Internet, c'est bien connu, sont gra-tuits (« libres », dit-on, dans un savoureux euphémisme). Et les quelques tentatives des grands groupes éditoriaux pour capter l'évolution technologique à leur profit ont fait long feu.

Le cartable électronique s'est révélé objet lourdingue à l'expérience. Et les versions numériques payantes, que les éditeurs scolaires croyaient pouvoir tirer de leurs manuels papier, sont devenues gratuites en moins de deux ans. Sous pression de la concurrence, d'une part ; et parce que personne n'était disposée à les acheter, d'autre part. Internet, puisqu'on vous le dit, c'est gra-tuit !

Nul doute que vont commencer les grandes manœuvres pour récupérer ces aguichants marchés à la valeur indubitable, mais « scandaleusement » démonétarisée.

Rien n'indique qu'ils tomberont entre les mêmes mains que celles d'avant.

Source : Le Yéti sur Rue 89.

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