Le symbole de cette réforme se trouve dans l'éloge que le président fait du Lycée républicain qui ferait que « "désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est d'avoir travaillé dur et d'avoir fait la preuve par ses études de sa valeur". » alors qu'il laisse son fils, à peine en deuxième année de droit se faire élire à la tête de l'établissement qui gère les projets immobiliers du quartier de la Défense.

Il y a dans ces annonces des mots qui sonnent et qui claquent, et presque rien derrière.

Il y a des concessions discrètes et très réelles aux lobbys pédagogistes.
Deux heures d'aide individuelle, en plus ou à la place des cours, se surajoutant aux livrets scolaires mesurant des connaissances, un livret de compétences, y compris celle de s'engager dans des « associations » dont on pense bien qu'elle ne seront pas toutes liturgiques.

La possibilité théorique de changer de filière en début de première allonge encore la période d'éducation uniforme que souhaite le pédagogisme.
Elle se heurtera au manque de places et au refus idéologique de laisser plus de place dans les filières techniques qui ont de réels débouchés et à l'absence de sélection à l'entrée des universités ou de publication des statistiques d'emploi des sortants de chaque filière.

On ne voit pas trop comment la filière Littéraire sera vraiment revalorisée. Les mesures concrètes sont renvoyées à des négociations ultérieures. L'insistance sur les langues étrangères telles qu'on les enseigne au lycée, à des élèves qui ignorent tout de la grammaire en elle même ne suffit pas à garantir une plus grande employabilité.

L'application de ces réformes est aussi hypothétique que celle des réformes précédentes. Les nouveaux manuels publiés à l'occasion de la réforme Darcos des programmes de français en collège s'assoient sur les injonction ministérielles. Alors qu'elles prévoyaient un retour à une progression méthodique de l'enseignement de la grammaire, les méthodes pédagogistes restent l'alpha et l'oméga des éditeurs de manuels et de nombreux enseignants.

Au lieu d'éveiller leur sensibilité aux distinctions entre la raison et les passions dans les réactions de personnages littéraires, les enfants vont continuer à essayer de « déceler des champs lexicaux » et des techniques narratologiques.