Conséquences des méthodes constructivistes dans les banlieues
Farida Belghoul professeur de français en lycée professionnel
"J’ai découvert, dès la première année, un phénomène renversant qui m’a d’abord paru inexplicable : mes élèves, à Noisy-le-Sec, étaient illettrés et incultes. Dans les conseils de classe, on accusait les familles. Je n’étais pas d’accord. Ces gamins avaient quand même passé plus de sept heures par jour en classe (étude du soir comprise), huit mois par an, pendant dix ans."
Ces jeunes ont notamment été les victimes de méthodes pédagogiques fondées sur « la construction du savoir par l’élève ». En langage clair, cela veut dire qu'en classe (à la maison aussi avec leurs devoirs) ils ont dû se débrouiller tous seuls pour extraire les savoirs des supports qu’on leur donnait. Ce type d'enseignement est fondé sur l’implicite, l’allusif et le déductif. Les parents l’ignoraient et s’imaginaient que leur enfant était nul quand il n’y arrivait pas. En vérité, il est très difficile pour un esprit en formation, a fortiori un enfant, d’apprendre quoi que ce soit de cette façon. Car la confusion s’installe. Et avec la confusion, le décrochage. Et avec le décrochage, le chaos.
Les riches ont de la ressource, ils ont de la culture et paient des cours privés ; les pauvres eux, évidemment, ils plongent.
Source : Blog de l'initiative Remédiation Educative Individualisée

Rapport sur la refonte des manuels scolaires Par veille-education le jeudi, 3 juillet 2008, 12:50
Les manuels ne doivent pas être de simples recueils de documents et différencier plus nettement faits, outils d'analyse et travaux d'application.
Les programmes doivent renforcer les synergies avec l'histoire et les mathématiques et insister sur l'acquisition de "connaissances" et "compétences" autour de thèmes précis (par exemple le commerce international) plutôt que des grands thèmes d'actualité (comme la mondialisation). Ils doivent prévoir plus de travail en groupe ou d'études de cas. Par exemple, en sociologie, élaborer des guides d'entretien et d'observations en vue de mener des enquêtes de terrain.
Commandé par Xavier Darcos à la suite des polémiques autour de l'enseignement de l'économie le rapport a été rédigé par Roger Guesnerie, professeur au collège de France, des universitaires, Michel Pébereau, membre du Haut conseil de l'éducation et président du conseil d'administration de la banque BNP Paribas et Sylvain David, président de l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses).
Ce rapport souligne le nombre d'élèves qui choisissent la filière et souligne certaines dérives :
La sociologie est souvent abordée de façon "trop abstraite, trop déterministe et trop compassionnelle". et L'entreprise "est insuffisamment appréhendée comme un acteur microéconomique, soumis à des contraintes fortes et devant faire des choix dont dépend sa survie".
L'accent est mis trop systématiquement sur les problèmes de la société : "à propos de l'emploi, on tend à parler surtout chômage et précarité". L'iconographie de la mondialisation peut être perçue d'emblée comme négative, avant même que l'analyse de son impact sur l'économie nationale ne soit abordée, si des dessins, photos ou images en début de chapitre mettent systématiquement l'accent sur la délocalisation, l'effondrement de certains prix ou la baisse de la qualité des produits".
Source résumé d'une dépêche AFP

Une ancienne formatrice à l'IUFM argumente en faveur de l'instruction en famille Par veille-education le jeudi, 3 juillet 2008, 12:25 - liberté scolaire
Claudia Renau pas l'expression "école à la maison" et parle de non-sco(larisation) ou utilise "Apprentissage auto-géré et instruction à la maison".
Ce choix longuement argumenté ici et là s'appuie sur la volonté d'aller au bout de l'idée de construction des savoirs par l'enfant :
"Il n'y a pas de temps ni de lieu particulier pour apprendre ( au point d'attendre que l'enfant le demande pour passer à la "découverte" des lettres) puisque nous souhaitons suivre les demandes de nos enfants. Même IEF (instruction en famille) ne nous convient pas entièrement : "instruction" définit une catégorie d'apprentissages (en général abstraits, formels, promus par une intention parentale ou sociale) au détriment des innombrables autres informations et qualités que les enfants absorbent en vivant : est-ce qu'être capable d'empathie relève de l'instruction ? Et puis cette absorption ne se limite pas à la famille."
Elle répond à ceux qui craignent l'absence de socialisation que :
"l'école est peu efficace pour la transmission des savoirs car les enfants acquièrent spontanément l'essentiel en vivant. Pour les savoirs académiques, l'école ne fait que confirmer ce que certains enfants ont appris grâce à leur culture familiale (Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron l'ont décrit en 1964 dans "Les héritiers" et en 1970 dans "La reproduction"). L
'école réussit très bien en revanche pour la transmission des valeurs implicites de la société comme la nécessaire hiérarchie, l’acceptation des jugements du chef, les relations basées sur les rapports de force, le fait de devoir supporter une situation désagréable qu'on n'a pas choisie, les phénomènes de groupe (moquerie, rejet), le recours à un spécialiste plutôt que la confiance faite à soi-même. Voilà ce que je nomme socialisation.
Le développement de la sociabilité passe par des rencontres en familles non-scolarisantes autour d'activités (anglais, chanson, découverte scientifique etc ...) et de sorties ( Palais de la découverte, Louvre, arts martiaux chinois, forêt )
Ses origines étrangères ont eu une influence sur son choix :
"Les mères allemandes sont réticentes à travailler lorsqu'elles ont de jeunes enfants. En France le féminisme à la française fait croire aux femmes que leur liberté passe par l’imitation du carriérisme des hommes. Je pense que c'est au détriment de leur connexion à elles-mêmes et à leurs enfants mais ce point de vue n'est guère audible ... Je ne suis pas hostile au travail des femmes, je travaille moi aussi, mais il y a un temps pour tout. D'autre part, ma grande famille catalane a aussi été un creuset de plaisir de vie familiale."
Source : Site de Claudia Renau Ancienne professeur d'histoire géographie et formatrice à l'IUFM (voir ses conseils à un jeune professeur)

Un professeur des écoles proteste contre son rapport d'inspection et sa mutation Par veille-education le jeudi, 3 juillet 2008, 11:43
Dominique Piveteau, un enseignant de 49 ans qui enseigne depuis trente ans, dont douze comme "maître-formateur" pour de jeunes profs stagiaires, est muté contre son gré (et perdrait sa place de formateur IUFM).
Connu pour ses travaux sur la lecture -notamment par les habitués des Cahiers pédagogiques, il est convaincu qu'on lui fait payer ses prises de positions pédagogiques . Et notamment son hostilité aux réformes préconisées par Xavier Darcos, qu'il regarde comme "de l'alphabétisation là où j'estime qu'apprendre à lire, c'est permettre à un enfant d'apprendre à penser par lui-même".
Si Dominique Piveteau a refusé l'inspection dans sa classe pendant qu'il enseignait, un rapport a tout de même été établi, sur la seule base des documents travaillés par les élèves. ... On y relève notamment des reproches contre la place des tables dans la classe, l'utilisation d'un article de Charlie hebdo ( un reportage d'un dessinateur du journal réalisé dans sa classe ) et l'atelier patisserie (comme moyen de faire lire).
Il est également membre du Réseau Education Sans Frontières, mouvement proche de l'extrême gauche qui appelle a violer les lois contre les expulsions d'enfants de clandestins et animé par )
Sources Rue 89 et les Cahiers pédagogiques.