Alan Greenspan, l'oracle des années de la dérégulation financière et de la croissance boursière parle de la plus grave crise financière depuis un siècle.
La faillite d'une grande banque d'investissement américaine, Lehman Brothers, lundi a suscité de nombreuses réactions dans la journée d'hier.
Les bourses connaissent des variations brutales, New York perdait 4% lundi et 0,5% mardi, Paris 2%, Tokyo 5 et Moscou 17%. Le sentiment qui domine est celui de l'incertitude, tout d'abord sur les établissements menacés, en particulier la grande compagnie d'assurances AIG, menacées par ses garanties de prêts immobiliers.
Plus généralement les banques ne savent pas réellement quelle proportion de l'argent qu'elles ont prêté qui ne sera pas remboursée par des particuliers, mais aussi par les autres banques. Le Crédit agricole est sur d'avoir perdu 20 millions de dollars mais 250 millions sont incertains.
La contagion a l'économie réelle est inévitable, les banques en difficulté prêtent, mais à des taux bien plus élevés, un des taux américains est passé de 3 à 6,5%, ce qui va faire baisser la consommation.
Pour éviter une répétition de la crise de 1929, les Etats interviennent en prêtant de l'argent aux banques : 70 milliards de dollars aux Etats Unis et 100 milliards d'euros par la BCE.
Il ne peuvent cependant sauver tout le monde, ce qui explique le choix de ne pas sauver Lehman Brothers. Pour le gouvernement américain, les capitalistes doivent être libres, mais aussi prendre leurs responsabilités.
Là ou certains voient une manifestation de darwinisme économique, le spéculateur Georges Soros citritique la réduction des contrôles des marchés financiers.
Le site Polémia fait remarquer que ce libéralisme financier s'accompagnait de pressions de l'Etat pour encourager les banques à prêter aux minorités « discriminées ». Elles l'ont fait, mais en leur imposant des formes modernes d'usure et des remboursements trop élevés, ce qui a déclenché la crise immobilière et financière de que nous vivons.