Unité et liberté.
(Citations prises au vol, sans garantie de précision absolue).

Vivre ensemble et histoire.
* Louis : Il faut connaître l’histoire de France pour découvrir les possibilités du « vivre ensemble ».
* Ce qui nous a été transmis nous permet de répondre par oui ou par non, sans rester dans des demi-choix contradictoires et hésitants.

Pour conjuguer liberté et unité, il faut vivre dans la vérité.
* Bernanos : Notre époque est ravagée par l’indifférence à la différence entre la vérité et le mensonge. * Notre époque dit aussi qu’il faut « aider » les gens à être libres.
* Il faut porter une parole vive dans la société.
* Soljenitsyne disait dans son discours sur le « déclin du courage », Il faut « vivre dans la vérité ».
* (Peut-on dire que la vérité vous rendra libre, mais aussi que la liberté peut nous rendre vrais ?)
* Un des sermons sur la Patrie du Père Jerzy Popielusko : Pour demeurer libre dans l’âme, il faut vivre dans la vérité. Il ne faut pas renoncer à protester, ne pas se taire, ne pas faire semblant de croire ce que la bienséance sociale et le discours d’Etat demandent de croire. Pour vivre dans la vérité, il faut surmonter sa peur en acceptant une part de souffrance et la perte (possible) de choses auxquelles on tient. La société polonaise ne mérite pas que certains des meilleurs d’entre ses fils soient dans des camps de prisonniers.

Pour quelle unité nationale ? * L’unité nationale est-elle compatible avec le désir d’autonomisation absolue de l’individu qui se manifeste dans les lois débattues actuellement ?
* Kamel Bechikh, Fils de France : (Pour parvenir à l’unité) Il ne faut pas confondre religion et culture. Nous adhérons à une orthopraxie, à un dogme immuable et limité qui ne contient pas toutes les expressions culturelles limitées venues souvent d’Afrique du nord ou la tendance au tribalisme. Nous avons en commun avec la France une langue et ce que nous avons en partage dans l’héritage culturel français.
* Guillaume : Les islamistes veulent séparer et nous voulons unir, ils veulent désensibiliser à la compassion et constituer une « communauté musulmane » totalement distincte des (autres) français.
Les manifestants qui ont marché ce dimanche voulaient « être ensemble ». Ils ont aussi dit « nous sommes la liberté d’expression ». Pour certains cela revient à faire de l’esprit Charlie Hebdo la valeur suprême et à dire que « la démocratie c’est le droit au blasphème.
* (Manifester au nom de la liberté d’expression peut manifester un attachement à deux courants essentiels de l’identité française :
- Les valeurs de tolérance des Lumières qui disent qu’il n’y a pas d’idée, de théorie ou de valeur qui puissent prétendre avoir plus d’importance qu’une autre, en dehors de l’idée que toutes les idées sont relatives.
- La liberté chrétienne qui donne sérieusement le choix entre le bien et le mal ; tout comme Jésus affirme radicalement qu’il est Dieu et qu’il porte la vérité tout en subissant totalement la critique et la haine de ceux qui choisissent de ne pas le suivre).
Liberté d’autonomie et liberté dans et par la rencontre.
* Il y deux idées de la liberté :
- Celle qui dit qu’elle s’arrête où commence celle des autres et qui dit qu’il ne faut pas empiéter sur le terrain des autres. (La liberté c’est le Far West).
- Celle pour qui est une direction vers le bien, celle qui commence avec un autre, dans une entrée en relation. Celle pour qui autrui est quelqu’un qui m’est confié.
* Lévinas : La mise en question du moi par l’autre ne dissout pas le moi mais le rend solidaire. Elle est une élection (un choix et pas une agression).
* Qui se souviendra des immenses réserves de pitié des siècles chrétiens ?
* Chant : Aimer, aimer même trop, même mal, mais aimer.
* Kant : Penserions nous sans communiquer avec les autres ? Une pensée sauvage, sans règles ni disciplines intérieures pourrait se croire libre alors qu’elle perd sa liberté.

Aller vers l’unité sans se dissoudre dans une masse.
* Brassens : Je suis la mauvaise herbe qui pousse dans les jardins de la société.
* Jean Marie : Notre société individualiste est-elle vraiment libérée des pressions du groupe sur les individus ? Elle peut dégrader le peuple (des personnes organisées en réseaux de relations) en masse. Dans une masse on se déresponsabilise. On est dans une unité fusionnelle qui ressemble à celle de nos stades. Les tribunes situées face à face s’encouragent à gueuler ensemble. Saint Augustin raconte l’histoire d’un chrétien qui se laisse entraîner à un spectacle de gladiateurs, se ferme d’abord les yeux, avant de crier tout aussi fort que les autres et d’être « un dans la masse ».
Il y a une liberté d’amusement, une liberté du vide, de l’indétermination et de l’absence de sens et au contraire une liberté dans la réalisation de son devoir et de ses responsabilités.
L’Evangile dit « Qu’ils soient Un » et utilise aussi très souvent les mots du registre et de la famille des mots comme liberté, libérateur, libération ; bien loin de l’image autoritaire qu’on donne du christianisme. Sa prière essentielle dit « délivres nous/libères nous » du mal (qui est aussi le Malin).

Du respect des convictions.
* Mes étudiants des Emirats Arabes Unis, tous musulmans, ont plus d’affinité et d’ouverture envers ceux qui (sont assez libres pour assumer ouvertement leur choix d’avoir) ont une religion, même si ce n’est pas l’islam.
* (Jésus respecte la liberté de ceux qui le suivent. Il leur demande : « allez-vous partir vous aussi ? ». Il affirme sa souveraineté absolue tout en acceptant qu’elle soit absolument soumise à l’acceptation des hommes. Il accepte sa responsabilité en portant la croix. Il ne répond pas aux offenses, mais il ouvre aussi une liberté par une critique radicale et ouverte des mauvais choix et des hypocrisies des pharisiens, des prêtres du Temple, il dit à Marie Madeleine de sortir de son péché, au percepteur d’arrêter d’être un voleur et au soldat de ne pas être violent. Il ne critique jamais les personnes, mais très souvent et très radicalement les idées).