Attentat contre Charlie Hebdo, la fin de l’inconscience

Le massacre visant Charlie Hebdo fait prendre conscience du fait que la vie peut s’arrêter de manière imprévue.
Sans avoir le temps de récapitulation que donne l’agonie, les victimes ont vu leur vie se résumer en un instant. Courage de donner sa vie pour en sauver une autre pour certains comme Michel Raoult en son temps, peur, surprise ou demande de sursis, la réaction spontanée ne se calcule pas, mais elle peut récapituler des habitudes de vie, et préparer l’heure de vérité annoncée par Jésus après la mort.
Les larmes et les mots de Philippe Val expriment la douleur d’avoir perdu « tous ses amis » et de ne pas arriver à croire qu’il y a une vie après la mort.

Ce massacre vient aussi briser l’inconscience d’une génération qui avait cru pouvoir rigoler de tout. Un très grand dessinateur comme Cabu, dessinateur de la « Potachologie » et de caricatures souvent bien vues et des talents plus incertains faisaient un journal à l’humour souvent gras, bas, et peu imaginatif. On n’oubliera pas que la dérision de Charlie Hebdo était souvent bien plus cruelle envers les chrétiens et les « beaufs franchouillards » que les islamistes. Ce journal mettait Jésus dans l’urinoir et se moquait modérément des musulmans extrémistes.
La dérision pratiquée par ce journal exprimait parfaitement le relativisme contemporain qui veut croire que toutes les idées se valent et qu’aucune ne mérite un respect particulier. Par les communications facilitées d’aujourd’hui, elle a rencontré l’opinion inverse qui sacralise l’idée d’un Dieu unique servi par un prophète intouchable. Le journal de l’antimilitarisme et du pacifisme a été victime de l’idéologie de la guerre. Les lions de l’islam ont voulu tuer l’organe officiel des bisounours.

L’inconscience s’est aussi brisée dans cet attentat est aussi celle de ceux qui veulent éviter le choc des civilisations. Charlie hebdo avait critiqué les islamistes, mais avait aussi publié une vie de Mahomet (lisible en pdf) tout à fait conformes aux hadiths qui la racontent selon la tradition musulmane. Ce geste d’apaisement ne semble pas avoir été compris par les terroriste, peut-être à cause de la laideur des dessins de Charb et de la bizarrerie des récits sur la jeunesse de Mahomet.

Inconscient, le journal Charlie hebdo l’était aussi en faisant dire à Mahomet qu’il est dur d’être « aimé par des cons ». Pour cette publication, le mal et la violence viendraient donc essentielle d’un manque de raison et de compréhension. L’idéalisme de cette idée a été fracassé par ces « cons ».
Espérer que l’homme s’améliore uniquement par un effort d'humanisme est une utopie. Il ne suffit pas pour cela de regarder des statues de Marianne en plâtre, de subir des cours sur les « valeurs de la République » et de contempler le drapeau « bleu, blanc, rouge ». La tolérance ne vient pas naturellement une fois qu'on a assez de connaissances. Pour pouvoir tolérer l'existence de l'autre, l'accepter et l'aimer, il ne suffit pas d'être cultivé.

La dernière prise de conscience qui peut naître de cet attentat contre Charlie hebdo, c'est l'ouverture du regard vers une alternative chrétienne au face à face entre l’islamisme et la tyrannie de la tolérance. Entre le pacifisme et l’ultra violence, le courage tranquille des policiers tués dans l’attentat est possible. Entre la foire aux transgressions verbales et la mort pour tous ceux qui offensent l’islam, il devrait être possible de différencier les idées. Certaines idées conduisent plus facilement à des violence alors que le christianisme veut pouvoir critiquer les paroles tout en aimant les personnes. Entre le refus systématique de la violence et la vengeance contre ceux qui « parlent mal » de l’islam, il est possible d’explorer les voies du pardon et de la « guerre juste » ; mais le pardon et la paix ne peuvent naître véritablement dans les cœurs que dans le sillage de l’Esprit Saint et dans l'imitation de Jésus-Christ.