Historien, normalien, militant d'Acti Up, Michel Celse ne dit pas autre chose que Christian Vanneste sur le nombre d'homosexuels déportés par les nazis pendant la guerre. Il donne même un maximum plus faible, 20 000 plutôt que 30 000. Il le fait dans un article qui dénonce le fait que de nombreux homosexuels croient à des "recherches" sensationnalistes qui risquent de déconsidérer le militantisme homosexuel par des chiffres totalement surévalués.

Voici des extraits de ce qu'il écrivait pour la revue Vacarme à propos des persécutions nazies :

Il y a au moins trois ou quatre certitudes quant à l’histoire des « hommes au triangle rose », Les approximations et les fourchettes - d’ailleurs larges - que les historiens sont en mesure de fournir doivent être considérées comme fiables.
- Cette persécution, héritière d’une répression de l’homosexualité plus ancienne et traditionnelle, fut effectivement repensée, théorisée, amplifiée et systématisée par les nazis en termes spécifiquement national-socialistes de « protection de la race ».
- Deuxièmement, la lutte des nazis contre l’homosexualité … n’atteint jamais, du moins dans les faits, le systématisme dont furent victimes les juifs et les tziganes. Il est en ce sens aberrant, sauf à vider ces concepts de manière dangereuse et irresponsable, de parler de « solution finale de la question homosexuelle » ou d’« extermination systématique des homosexuels »
- Troisièmement, les homosexuels du Reich, leur nombre pouvant être raisonnablement évalué entre 800 000 et 1,5 millions, ont majoritairement réussi à échapper aux persécutions directes, serait-ce au prix de conditions de vie affreuses - dissimulation, abstinence, terreur permanente d’être découverts
- Les tribunaux condamnèrent ainsi, entre 1933 et 1944, entre 50 000 et 63 000 personnes pour des délits plus ou moins graves d’homosexualité, les peines s’échelonnant de la simple amende à plus de 10 ans d’incarcération en « forteresse », … Le nombre des déportés homosexuels entre 1933 et 1945 est difficile à établir, il est en tout cas inférieur à 20 000, très probablement guère plus de 10 000. La mortalité, dans cette catégorie de détenus, fut très élevée. Le nombre d’homosexuels morts dans les camps peut être estimé avec certitude entre 5 000 et 15 000, vraisemblablement de l’ordre de 6 000 à 10 000.

Cette affaire révèle une tendance de fond de notre âge du désenchantement, le désintérêt pour le réel et la vérité. Il est plus important pour Bruno Le Maire, le délateur, jean François Copé ou Louis Alliot du FN, de savoir si on est dans le sens du vent que de chercher la vérité et la justice.