Un article passionnant posté sur "reflets.info", souligne les enjeux de pouvoir du coup de force américain contre le site d'hébergement de fichiers souvent piratés.

Le P2P, la distribution de pair à pair qu'Hadopi a tenté de combattre détruisait la centralisation de la distribution des produits culturels. Chaque utilisateur était à la fois hébergeur et transmetteur de fichiers, ce qui réduisait à presque rien le coût de leur diffusion. Il n'était alors plus nécessaire d'avoir des Majors pour faire le succès d'une oeuvre nouvelle ou ancienne.

Cette dilution du pouvoir et des droits d'auteur a été combattue par les Etats et supplantée par le téléchargement direct, ou direct download, plus rapide et qui n'était pas (encore) illégal.
Dans ce nouveau système le pouvoir se concentre à nouveau, et cette concentration est radicale.

Loin d'être un ennemi naturel des "majors", le fondateur de Megaupload commençait à leur ressembler. Avant de l'abattre, les "majors" ont tenté de l'acheter, et à terme il y aura une fusion entre des deux distributeurs de crême glaçée pour cerveaux avides de divertissement.

Que perdons nous en voyant tomber des monopoles clandestins ?
Qu'avons nous perdu avec la réduction du P2P?

Le drame de cette guerre des droits sur internet est qu'elle fait une victime collatérale essentielle : la multiplication des échanges de connaissances et d'informations. Une attaque pour violation de droit d'auteur peut permettre d'étouffer la révélation d'un scandale. Beaucoup de films piratés n'auraient pas été achetés car ils sont peu connus et ne justifient plus une diffusion commerciale.

Mais alors, comment continuer à garantir des revenus aux producteurs de contenus?

Les salles de concerts sont pleines. Les cinémas n'ont jamais fait autant de bénéfices. Plus généralement, le doigt de l'internaute étant l'être le plus paresseux du monde, il acceptera d'aller gratuitement vers ce qui est facile d'accès, et paiera pour avoir une version "premium". Il vera une version gratuite d'un film sur youtube avant de payer pour voir la version de bonne qualité sur son écran géant à la maison.

- Il pourrait donc être utile de rendre très facile le don et le mécénat.
- De proposer aux sites de liens de presse le principe de ne citer que des extraits de 10% du texte d'orgine.
- De partir du principe de la responsabilité de celui qui met en ligne un contenu.
- De distinguer les responsabilités en fonction de la quantité et de la qualité des contenus.
- D'assurer une possibilité efficace de retrait de produits piratés.
- De convaincre les diffuseurs d'accorder plus largement des extraits de leurs produits et de leurs catalogues anciens, pour qu'ils puissent conserver le marché des versions de qualité supérieure.