C'est elle qui nous permet d'avoir "voix au chapitre".
C'est ce que rappelle Chantal Delsol sur son site:

" Si la Magna Carta de 1215 est, d’après Duroselle « la plus lointaine origine du régime parlementaire » (L’Europe, Histoire de ses peuples, p.161) Léo Moulin pense qu’elle subit l’influence des Cisterciens, installés en Angleterre depuis 1128 et très développés. L’évêque Stephen Langton, très influent dans la révolte contre Jean sans Terre, avait séjourné chez les Cisterciens et connaissait bien leur règle. Nombre de revendications de la Magna Carta, l’usage de certains détails et de certains mots, rappellent clairement la règle cistercienne. De même, en se penchant sur l’élaboration du code électoral de 1789, Léo Moulin pense que celui-ci (qui ne pouvait tenir son influence des Etats Généraux, réunis la dernière fois en 1614) présente bien des similitudes avec les règles des ordres monastiques.

C’est encore le point de vue de Jean Baechler (Démocraties, Calmann-Lévy, 1985, p.87): « Le monachisme occidental est ainsi devenu, par la force des choses et non de propos délibéré, un véritable laboratoire des pratiques électorales pendant au moins cinq siècles. Elles ont servi de modèles aux communes italiennes, avant d’être reprises par les régimes parlementaires. Les démocraties modernes ne doivent rien, en matière de techniques électorales, aux démocraties antiques, dont l’expérience avait été entièrement oubliée, elles doivent tout aux ordres monastiques ».

Par ailleurs, si l’obéissance au Supérieur est liée à la loi (nul n’est censé obéir à son Supérieur « contrairement aux Constitutions »), elle est aussi liée, et même en dernier ressort, à la conscience personnelle : le moine doit obéir « en toute chose où n’apparaît pas le péché ».
L’interdiction expresse de tout tirage au sort (interdit officiellement par le pape en 1223), marque bien l’esprit de ce type de gouvernement :
- ce n’est pas Dieu qui gouverne en cachette
- gouverner n’est pas un jeu
- les hommes ne sont pas interchangeables, certains sont en effet meilleurs pour gouverner, il s’agit de les découvrir et de les reconnaître
- en dépit des erreurs et difficultés, il est possible de désigner le bon gouvernant

La suite est sur le site de Chantal Delsol.