Lu sur Rue 89 :
"A partir de 1965, le Parti est le fer de lance de la politique de contrôle des naissances : « Un ce n'est pas peu, deux c'est ce qu'il faut, trois c'est un de trop. »
La tante devient chef de guerre, elle pratique 2 000 avortements, impose stérilets, vasectomies et ligatures des trompes et entretient des espions pour connaître les grossesses non autorisées.
Des tracteurs sont là pour détruire des maisons à titre de représailles, ou un bateau pour poursuivre les fugitifs. Des femmes en fuite se noient, d'autres, comme la première femme de Tétard, décèdent lors d'un avortement.
Le drame de ne pas avoir d'héritier mâle est pour ces paysans inacceptable :
« C'est vraiment bizarre, quand une femme accouche d'une fille, le mari a une tronche, mais une tronche ! Alors que si sa vache met bas une génisse, sa bouche se fend d'un large sourire. »
Par contre, Mo Yan ne nous parle pas, comme Xinran, des meurtres de petites filles à la naissance, pour pouvoir tenter à nouveau d'avoir un garçon.
Le contrôle des naissances est un thème qui touche de près Mo Yan ; il regrette de n'avoir qu'une fille et considère qu'il n'est pas bon pour elle d'avoir été enfant unique. Cette politique a été une nécessité inévitable pour la Chine, mais seul un régime totalitaire a été en mesure de l'imposer et les excès ne sont pas acceptables.