Les journalistes ont l’art de broder sur des nouvelles qu’ils n’ont pas, ou n’ont pas encore. Tout le bruit immense fait sur le colosse aux pieds d’argile Dominique Strauss Kahn est par exemple fondé sur des déclarations non vérifiées à ce jour. Il est fondé sur le témoignage d’une femme de chambre de l’hôtel Sofitel relayé par la police de New York.
Les journaux sont remplis d’hypothèses et de témoignages de gens qui l’ont vu et glosent sur son air plus ou moins inquiet le jour de son arrestation.
En fait il s’agit de faire attendre le public jusqu’à vendredi.
Ce jour là, l’accusation devra présenter à des jurés et aux avocats de Strauss Kahn les éléments matériels dont elle dispose. Résultats d’analyses ADN, heures de sortie de l’hôtel, et éventuels enregistrements de caméras de surveillance.
Avant cela on ne peut pas dire grand-chose de bien assuré.
Les journaux brodent sur ces histoires que les romanciers auraient aimé inventer.

D'autres non informations remplissent les journaux.

Comme un film passant au ralenti, l’odyssée des boîtes noires du vol Rio Paris est l’autre feuilleton du moment. On nous apprend à son de trompe qu’elle sont lisibles. On dit plus discrètement que leur analyse prendra des mois et qu’un rapport d’étape est prévu « dans le courant de l’été ».
Il faut bien répondre à la demande d’un public avide de connaître la cause de cet accident inexpliqué à ce jour.

C’est aussi ce qui se passe dans l’affaire Dupont de Ligonnès, toujours introuvable à ce jour.

La demande de potins mondains est elle aussi importante. Elle se manifeste par le bruit fait autour de déclarations des parents de Nicolas Sarkozy sur une éventuelle grossesse de la 3e femme du Président de la République.

Toutes ces absences de nouvelles sont aussi un moyen de nourrir l’impatience d’une époque qui préfère parler de l’hypothétique plutôt que d’affronter le réel.