La loi d'orientation et de programmation sur la sécurité intérieure dite lopsi contient deux dispositions qui menacent la liberté d'expression sur internet. Il s'agit d'autoriser la police à installer des logiciels espions dans les ordinateurs de citoyens visés par la justice et de créer une liste de sites interdits de diffusion en France.

Pourquoi l'idée d'une liste noire de sites pédo pornographiques est elle contestée ?
En théorie, il s'agit d'obliger les fournisseurs d'accès à bloquer certaines adresses internet. Les opposants aux listes noires disent que cela risque d'encourager l'utilisation de réseaux cryptés.

Dispose t'on d'un retour d'expérience sur ce type de dispositions ?
L'Australie, qui a déjà mis en place une liste noire secrète a vu celle ci fuiter rapidement. La publication de cette liste a fait de la publicité aux sites pornographiques visés. Elle a surtout montré que le gouvernement avait commencé par bloquer un site pro-vie. Un internaute s'était déclaré choqué par des photos d'enfants avortés.

Quelles sont les alternatives à ce type de mesures ?
Certains considèrent que cette loi se trompe de cible en visant le tuyau plutôt que la source ou la cible. Ils demandent que soient visés les serveurs ou ceux qui les alimentent.Le fait qu'une directive européenne rende obligatoire l'enregistrement de toutes les adresses consultées par tous les abonnés permet aussi de repèrer ceux qui consultent ces sites.

Quelle est la principale revendication des opposants à ces mesures ?
Des sites comme la Quadrature du Net demandaient que des éventuelles interdictions soient décidées par l'intermédiaire d'un juge. Celui ci, pourrait mener un débat contradictoire et faire la distinction entre l'exploitation des victimes de la pornographie la liberté d'expression dans les domaines où elle est nécessaire.
Sans le filtre de l'autorité judiciaire, un site de publication de documents comme wikileaks a du souci à se faire.

Le gouvernement cherche t'il d'autres moyens de contrôler internet ?
Un rapport vient d'être remis au premier ministre pour savoir si la France a les moyens juridiques d'interdire a des serveurs installés sur son sol de diffuser Wikileaks. Le gouvernement utilise aussi au CSA pour tenter d'interdire les sites de vidéo à la demande.

Nicolas Sarkozy craint t'il de se donner une mauvaise image avec cela ?
Il cherche en tout cas à donner le change en invitant des blogueurs influents et en leur promettant une place dans un futur Conseil National du numérique ou un G8 du web.