Propagande contre internet à la veille des débats sur la Llopsi
Par Philippe Edmond, mercredi 10 février 2010 à 09:25 :: Médias et libertés :: permalien #679
L'agenda médiatique rejoint opportunément les intérêts du gouvernement. Plusieurs opérations médiatiques à propos des dangers d'internet sont menées juste au moment ou les députés examinent la loi pour la sécurité intérieure dite llopsi.
Cette loi prévoit une liste noire de sites interdits sur le territoire national. Officiellement il ne s'agirait que des sites pédo-pornographiques.
L'expérience de liste noire menée en Australie montre que de nombreux sites non conformistes, y compris à propos de l'avortement ont été bloqués.
L'Union Européenne vient de reconnaître indirectement que cette notion de filtrage national des sites internet fait bien partie des projets d'accord international anti contrefaçon du projet « acta ».
La llopsi prévoit aussi l'installation clandestine de mouchards dans les ordinateurs serait en théorie encadrée strictement par le juge d'instruction, qui devrait disparaître prochainement.
Par contre l'Assemblée Nationale n'aime pas les mouchards. Elle interdit aux blogueurs l'utilisation d'ordinateurs en séance alors qu'elle l'autorise pour les journalistes professionnels. Le très sérieux site nosdéputés.fr voit ainsi son action de description des activités parlementaires entravée.
Coincidence intéressante, c'est justement mardi soir qu'Arte a programmé une soirée « théma » à propos des dangers d'Internet.
« Effroyables imposteurs ». Le reportage principal explore « la face sombre du net ». Comploteurs, complotistes, ils mènent un complot contre l'information sérieuse, faite par des vrais journalistes. Le reportage montre deux fanatiques du 11 septembre qui contestent des rapports scientifiques officiels et font du tractage dans la rue. Ils reconnaissent que le sujet prend trop de place dans leur vie.
Critiqué par ce reportage, le co-fondateur du site « le post » souligne que le reportage d'Arte refuse de reconnaître que des blogueurs ont pu souligner les erreurs de journalistes professionnels ou diffuser des vidéos qu'on aurait mieux aimé ne pas voir.
La suite de la soirée donnait la parole a huit journalistes aussi incontestés qu'Edwy Plenel ou Philippe Val, disant que les journalistes doivent garder le monopole de la sélection des informations.
Via divers articles de Numérama.
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