La journée d’hier avait été déclarée « jour de la souveraineté nationale » par le gouvernement irakien. Cependant, malgré les feux d’artifice et les chants patriotiques, l’insécurité demeure présente. Selon Yves Daoudal, l’armée américaine a perdu quatre hommes lundi et les attentants ont fait 250 morts dans les dix derniers jours dont 130 lors d’un attentat au camion piégé dans un marché alors que la mortalité avait été divisée par trois par rapport à l’année dernière.

La contre insurrection menée par les américains et analysée par le blog de Stéphane Taillat co in en irak.worlpress.com a obtenu un certain succès militaire et a permis l’intégration dans le jeu politique des diverses forces en présence. Cependant cette stratégie n’a pas supprimé les conflits qui traversent la société irakienne. Les oppositions entre groupes ethniques ont plutôt été exacerbées et ont abouti à un partage des villes et des régions entre sunnites, chiites et Kurdes. Les zones mixtes, en particulier Mossoul dont les chrétiens ont été chassés et les champs pétrolifères sont encore des zones de conflit.
La vision américaine d’une lutte contre la subversion révolutionnaire des milices qui leur résistaient n’était pas fausse, mais partielle. Leur réponse a été de s’appuyer sur des milices ou des tribus qui acceptaient de combattre à leur côtés, ce qui a mis en place des pouvoirs qui rechignent actuellement à s’intégrer dans les forces de sécurité officielles. Le fait que les assassinats ciblés restent nombreux peut être un signe que les affrontements actuels sont de type mafieux.
Les attentats ciblant les chiites peuvent aussi être un moyen pour ses adversaires politiques de déconsidérer le gouvernement irakien de Nouri el Maliki.
Le contexte iranien joue aussi un rôle. Il pourrait s’agir d’une surenchère entre extrémistes sunnites et pro iraniens, ou d’un action d’origine iranienne pour montrer que le pluralisme et la démocratie conduiraient forcément à l’insécurité perpétuelle dans un pays du Moyen Orient, alors que l’Irak semble être en train de parvenir à une démocratie pluraliste après de terribles épreuves.
La période qui précédera les élections de janvier 2010 montrera si le projet d’établissement d’une démocratie en Irak est ou non une réussite.