Il règnait une certaine confusion en Iran après la grande manifestation de lundi et l’extension de la contestation à d’autres villes iraniennes. Les images de cette manifestation révèlent plus une opposition globale que le soutien au candidat dit « modéré ». Le journal anglais Guardian explique que des employés du ministère de l’intérieur auraient compté une victoire de Moussavi et moins de 30% pour Ahmadinejod.
Moussavi, frère cadet du Guide suprême de la Révolution cherche à calmer le jeu et reste un partisan du régime. Il demande a ses supporters de manifester en criant Allah Akbar dix heures du soir. Il est soutenu par l’ancien président, présenté comme modéré Khatami, et est tout aussi favorable au nucléaire que son adversaire. Certains de ses partisans arrêtés après les manifestations ne sont pas jeunes du tout et seraient des anciens révolutionnaires, comme Behzad Nabavi, ancien négociateur des preneurs d’otages des employés de l’ambassade américaine.
L’injustice faite à un candidat présenté comme modéré serait un moyen pour le régime de rééditer la fameuse manœuvre de Gorbatchev présentée par Boukovski, séduire les plus anti soviétiques des occidentaux en vendant l’image d’une ouverture préparée soigneusement par les services secrets de l’URSS. Le site Iran-Resist y voit un moyen de créer des figures de faux opposants qui défendent ensuite le régime une fois exilés. Le fils de l’ancien Shah d’Iran appelle à transformer les manifestations en signe d’opposition au principe du régime islamique.
Le guide suprême de la révolution propose un recomptage des votes permettraient de se donner une apparence d’image démocratique tout en reconnaissant d’une certaine manière l’existence de fraudes.
Le régime réagit aussi par une censure paritelle des moyens de mobilisation en ligne tels que Youtube ou face book La presse internationale n’a pas la possibilité de couvrir les manifestations interdites et ses journalistes sont consignés dans leurs hôtels. La chaîne pro saoudienne Al Arabiya a vu ses bureaux fermés. Et il y à un black out total sur les images des manifestations non souhaitées par Moussavi.
Les chefs d’Etat étrangers cherchent à ne pas se mouiller. Notre grand spécialiste des élections honnêtes, Nicolas Sarkozy justifie une réaction proportionnelle à l’ampleur de la fraude, ce qui ne mange pas de pain vu de loin et Obama exprime ses « profondes inquiétudes » mais maintient son intention de « dialoguer » avec le régime.