C'est ce qui se passe avec la maladie d'Alzheimer, et en pleine conscience. La perte de mémoire commence par le plus récent et remonte, au point que les femmes en viennent à ne plus se souvenir que leur nom de jeune fille.
Au bout d'une dizaine d'années il ne reste plus rien.
C'est en tout cas ce que pensent ceux qui font de la rationalité l'essentiel de la dignité humaine, tels Henri Caillavet qui défend l'euthanasie en disant "« Nous devons avoir la possibilité de ne pas accepter une vie grabataire"
Loin du monde des belles idées qui tuent, quand on va rendre visite à des personnes âgés qui perdent la mémoire, on s'apperçoit que l'écoute, l'humour et le sens de l'absurde et du rire partent après bien des souvenirs.


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Je me souviens aussi d'une femme devenue sourde, muette et aveugle, qui n'avait gardé le souvenir que d'un geste, boutonner son pull.
Quand on la prenait par la main elle réagissait fortement, comme une personne qu'on est venue rencontrer alors qu'elle est déjà preque totalement isolée par la maladie.

Dans le handicap le plus profond, il reste toujours une personne qui attend d'être rencontrée et aimée. Aller rencontrer ces personnes à la fois prisonnières et malades est l'une des oeuvres de miséricorde commandées par Jésus.
Même si elle ne peut plus formuler de prières, la personne qui souffre de cette maladie est parmi ces pauvres absolus que Jésus est venu secourir préférentiellement avant de les accueillir prioritairement.