| Le premier grand discours sur la misère ouvrière post
révolutionnaire au Parlement français, prononcé par
le royaliste Alban de Villeneuve Bargemont |
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Au cours des débats sur “Villeneuve-Bargemont
profita de la discussion générale pour prendre la parole
le 22 décembre. Seul de tous les orateurs, il élargit
la question à l'ensemble du problème ouvrier. ... C'est
la première fois, dans l'histoire pârlementaire de
La première
cause de cette misère généralisée est la
production illimitée et la concurrence qui impose aux ouvriers
« la nécessité de se livrer, eux, leurs femmes et
leurs enfants, à un travail dont l'excès et la durée
dépassent la mesure de leurs forces et pour un salaire qui ne
suffit pas toujours à la plus chétive subsistance ». Cette situation
est nouvelle. Au temps des corporations, que l'orateur [se défend
de vouloir] ressusciter [devant une chambre attachée à
l’ultra-libéralisme de Ce sont
là, Messieurs, et je crois devoir le dire à cette tribune,
les conséquences inévitables et dès longtemps prévues
de l'application des systèmes modernes d'économie publique,
qui ont dénaturé le véritable but et la destinée
sociale du travail et de l'industrie » en sacrifiant à
la production « toutes les considérations de religion,
de morale et d'humanité ». Il faut au contraire
« l'alliance étroite du travail et de la justice, de l'ordre moral
et de l'ordre matériel » tels que les a établis
le christianisme. ... L'économie politique anglaise « suppute
froidement la valeur vénale et capitale d'un ouvrier
». Or «
ce que personne ne peut vouloir, c'est qu'une portion de la population,
attachée à certaines branches d'industries, forme en quelque
sorte une caste à part, dévouée au malheur, comme
en Angleterre, et dont les meurs, la santé et l'existence
soient livrées au hasard le plus aveugle... C'est cette situation
qu'on ne saurait tolérer dans une Société civilisée
et qui se dit chrétienne ». L'auteur
rend hommage à certains chefs d'industrie « généreux
et paternels », notamment à Mulhausen (sic) et en d'autres
lieux (r). Mais c'est pour revenir à un tableau saisissant de
la misère ouvrière, tant dans les grandes industries que
dans les ateliers isolés. « Là, la durée du labeur dépasse
toute mesure. » Comment donc réformer cette situation
? [La loi
proposée en 1840 et votée en 1841 interdit le travail
avant huit ans et en limite la durée jusqu’à seize
ans] «
Pour
moi, Messieurs, je ne saurais envisager cette loi que comme un premier
pas de fait vers une réforme appelée par tous les durs
généreux. ... La restauration des classes inférieures,
des classes ouvrières, souffrantes, est le grand problème
de notre âge. Il est temps d'entreprendre sérieusement
sa solution, et d'entrer enfin dans la véritable économie
sociale, trop souvent.., perdue de vue au milieu de nos stériles
agitations politiques. » Il se rallie
au projet de loi, mais avec deux modifications : que la surveillance
soit étendue aux petits ateliers [proposition du catholique social
Gérando] et qu'un gros effort soit fait pour l'éducation
morale des enfants. Les curés et pasteurs pourraient faire partie
des commissions chargées de l'application de la loi.” La loi,
après une nouvelle discussion à On en connaît
les clauses (3). Certaines d'entre elles prêtèrent immédiatement
à discussion, dans les milieux catholiques comme ailleurs : celle
qui limitait la surveillance aux ateliers de plus de 20 personnes, et
celle qui confiait cette surveillance à clés notabilités
locales non rémunérées. (Les débuts du catholicisme
social en France, 1822-1870, Paris, P.U.F., 1951, p230) Une loi incomplète et difficile à
appliquer La très
catholique et le plus souvent royaliste légitimiste « Société
d'économie charitable » s'en inquiéta. Elle critiqua
le manque de volonté d’appliquer la loi. C'est seulement cinq mois après sa promulgation,
le 14 août 1841, qu'on avait demandé aux sous-préfets
la liste des établissements assujettis.Par la suite les patrons
chargés d’inspecter leurs collègues pouvaient écrire:
“L'application trop
brusque de cette loi aurait inévitablement compromis les intérêts
commerciaux de la ville. Sur la fixation des horaires de travail pour
les enfants de 8 à 12 ans (huit heures, entre 5 heures du matin
et 9 heures du soir) la commission ne peut s'empêcher d'observer
que: d'une part la loi n'a pas assez tenu compte des exigences du commerce
et que d'autre part elle a beaucoup exagéré les dangers
et les fatigues des enfants ” Ses propres observations
lui montrent que rapport du ministre du Commerce au roi, en date du
25 juillet 1845 est bien trop optimiste. Elle soutient un projet de loi du 17 février
1847 qui aurait étendu la loi à tous les ateliers et confié
sa surveillance aux vérificateurs des poids et mesures. Abandonnée
à cause de la révolution de 1848 la mise en place d’une
véritable inspection du travail n’a lieu que sous le gouvernement
de l’Ordre Moral, en 1874, à l’initiative de d’Ambroise
Joubert, député chrétien-social issu du groupe
parlementaire royaliste légitimiste. Liens Internet pour
aller plus loin. Situation des ouvriers entre la
révolution et 1841 http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/www/cliotexte/html/travail.enfants.html Loi
sur le Travail des Enfants et des Filles mineures, du 19 mai 1874 http://www.ac-reims.fr/datice/hist-geo/textes/national/enfants1841.html Instructions
très prudentes http://www.rhone-alpes.travail.gouv.fr/dd01/actualites/telecharger/pv-30-09-41.pdf Mesure
du nombre des enfants concernés http://www.histgeo.com/contemporaine/travail.html Lettre
d’un préfet demandant la création d’un corps
d’inspection du travail http://www.rhone-alpes.travail.gouv.fr/dd01/actualites/telecharger/enfants-1853.pdf Exposition
sur les débuts de l’inspection du travail Ambroise
Joubert et la loi de 1874. Quelques
citations exemplaires du cynisme libéral http://yannickdeshogues.free.fr/pdf/2MATURPOLIT.pdf
Chronologie
de (l’absence de lois sociales au XIXes http://rh19.revues.org/document350.html La société Saint
Vincent de Paul. Charité patronage(s) et réflexions
sociales. Généralités http://croixlyspeine.canalblog.com/archives/3a___les_lettres_du_comte_de_chambord/index.html |
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